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DPE 2026 : pourquoi une meilleure note ne garantit pas un logement en bon état

  • Photo du rédacteur: Romaric JOLY
    Romaric JOLY
  • il y a 7 jours
  • 10 min de lecture

Depuis le 1er janvier 2026, le calcul du diagnostic de performance énergétique, plus connu sous le nom de DPE, évolue pour les logements chauffés à l’électricité. Le changement est technique, mais ses conséquences peuvent être très concrètes pour les propriétaires, les vendeurs, les acheteurs et les investisseurs.


Affiche DPE 2026 sur les logements chauffés à l’électricité, avec immeuble, échelle A-G, date 1er janvier 2026 et couple.


Le coefficient de conversion de l’électricité, utilisé dans le calcul du DPE, est passé de 2,3 à 1,9. Cette évolution peut permettre à certains logements de gagner une classe énergétique, sans qu’aucun travaux ne soit réalisé dans le bien. Les DPE établis à partir du 1er janvier 2026 intègrent automatiquement ce nouveau coefficient, tandis que certains anciens DPE peuvent être mis à jour gratuitement via l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.


Pour les propriétaires, cette mesure peut être perçue comme une bonne nouvelle. Un logement anciennement classé F peut, dans certains cas, passer en E. Un bien classé E peut parfois remonter en D. Cela peut améliorer la perception du logement sur le marché immobilier.


Mais pour un acheteur, cette amélioration doit être lue avec prudence.


Une meilleure note au DPE ne signifie pas automatiquement que le logement est en bon état. Elle ne veut pas dire que la maison est saine, que la toiture est correcte, que les murs sont secs, que la ventilation fonctionne bien ou que les travaux anciens ont été réalisés correctement.


Le DPE est un document important. Il renseigne sur la performance énergétique et climatique d’un logement. Mais il ne remplace pas une analyse technique du bâtiment.

Ce qui change avec le DPE en 2026


Le changement principal concerne le calcul appliqué à l’électricité. Jusqu’à présent, l’électricité était convertie en énergie primaire avec un coefficient de 2,3. Depuis le 1er janvier 2026, ce coefficient est abaissé à 1,9.


Derrière cette notion assez technique, l’idée est simple : le mode de calcul devient plus favorable aux logements chauffés à l’électricité.


Cela concerne notamment certains logements équipés de radiateurs électriques, de pompes à chaleur ou d’autres systèmes électriques. Le gouvernement présente cette évolution comme une manière de favoriser l’électrification du chauffage des logements, dans un contexte de transition énergétique.


Concrètement, cela peut modifier l’étiquette énergétique d’un bien, même si rien n’a changé dans le logement.


C’est précisément ce point qui doit intéresser les acheteurs.


Un logement peut donc être mieux classé administrativement, sans avoir été rénové, sans que son isolation ait été améliorée, sans changement des fenêtres, sans reprise de la ventilation et sans traitement d’un éventuel problème d’humidité.


Infographie sur le DPE 2026 : logement chauffé à l’électricité, étiquette A-G, coefficient 2,3→1,9, pompes à chaleur.

Un logement peut gagner une classe sans être rénové


C’est l’un des points les plus importants à comprendre.


Un DPE amélioré en 2026 ne signifie pas nécessairement que le propriétaire a réalisé des travaux. Dans certains cas, le changement de note vient uniquement de l’évolution de la méthode de calcul.


Cela ne veut pas dire que le nouveau DPE est faux. Il applique simplement une nouvelle règle.


Mais pour un acheteur, il faut éviter une confusion fréquente : une meilleure étiquette ne veut pas automatiquement dire un meilleur logement.


Prenons un exemple simple.


Un appartement chauffé à l’électricité était classé F en 2025. En 2026, avec le nouveau coefficient, il peut éventuellement obtenir une classe E. Sur une annonce immobilière, cela change beaucoup la perception du bien. Le logement ne sera plus présenté comme une passoire énergétique classée F, mais comme un bien classé E.


Pourtant, sur place, l’acheteur peut retrouver les mêmes défauts :


  • murs froids en hiver ;

  • inconfort en été ;

  • ventilation insuffisante ;

  • humidité dans certaines pièces ;

  • isolation ancienne ;

  • fenêtres peu performantes ;

  • chauffage coûteux à l’usage ;

  • absence de rénovation réelle.


La lettre affichée sur le DPE peut donc évoluer plus vite que le bâtiment lui-même.

Le DPE mesure la performance énergétique, pas l’état complet du bâtiment


Le DPE est utile. Il donne une estimation de la consommation énergétique du logement et de son impact en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Il permet aussi de comparer les biens entre eux, au moins sur le plan énergétique.


Mais son rôle reste limité.


Il ne permet pas, à lui seul, de connaître l’état réel d’une maison ou d’un appartement.


Un DPE ne répond pas à toutes ces questions :


  • La toiture est-elle en bon état ?

  • Les murs présentent-ils des fissures inquiétantes ?

  • L’humidité vient-elle d’un problème de ventilation ou d’une infiltration ?

  • Les travaux réalisés par les anciens propriétaires sont-ils cohérents ?

  • L’extension a-t-elle été correctement conçue ?

  • Les fondations présentent-elles des signes de mouvement ?

  • Les combles sont-ils réellement sains ?

  • Le bien présente-t-il des ponts thermiques importants ?

  • Les traces visibles ont-elles une origine ancienne ou toujours active ?


Ces points relèvent d’une analyse technique du bâtiment. Ils ne sont pas couverts de la même manière par le DPE.


C’est pour cela qu’un acheteur ne doit pas se contenter d’une bonne ou d’une meilleure note énergétique pour juger la qualité globale d’un bien.


Infographie en français sur le DPE d’une maison, avec étiquette énergie C, maison illustrée et liste de limites du diagnostic.

Une meilleure note peut rassurer à tort certains acheteurs


Sur le marché immobilier, le DPE influence de plus en plus la décision d’achat.


C’est normal. Les acheteurs font attention à leur budget énergie, à la valeur future du bien, aux obligations liées à la location et aux travaux à prévoir.


Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location dans le cadre de nouveaux contrats, car ils ne répondent plus aux critères de décence énergétique.


Cette pression réglementaire donne encore plus de poids au DPE. Un bien qui gagne une classe peut donc devenir plus attractif.


Mais cette attractivité peut parfois masquer d’autres problèmes.


Un appartement mieux classé peut toujours être humide. Une maison classée D peut présenter une toiture vieillissante. Un logement chauffé par une pompe à chaleur peut avoir une mauvaise ventilation. Un bien correctement noté sur le plan énergétique peut aussi avoir subi des travaux mal réalisés.


L’étiquette énergétique ne doit donc jamais être l’unique critère de décision.

Exemple concret : un bien mieux classé, mais toujours problématique


Imaginons une maison ancienne chauffée à l’électricité.


Avant 2026, elle était classée F. Après mise à jour du DPE, elle passe en E. Le vendeur met naturellement en avant cette amélioration dans son annonce.


Lors de la visite, le bien semble intéressant. La maison est lumineuse, bien située, avec un jardin agréable. Le prix semble cohérent par rapport au quartier.


Mais plusieurs éléments doivent attirer l’attention :


  • une odeur d’humidité dans une chambre ;

  • des traces sombres dans les angles ;

  • une VMC ancienne ou absente ;

  • une isolation des combles difficile à vérifier ;

  • des fissures visibles en façade ;

  • des menuiseries anciennes ;

  • une facture d’électricité élevée malgré la classe améliorée ;

  • des travaux réalisés sans factures précises.


Dans ce cas, le nouveau DPE peut donner une impression plus favorable, mais il ne suffit pas à sécuriser l’achat.


L’acheteur doit se poser une question simple : le bien est-il réellement plus performant et plus sain, ou seulement mieux classé sur le papier ?

Le risque de confondre rénovation énergétique et bon état général


Un logement peut avoir été amélioré sur le plan énergétique sans être parfaitement sain.


À l’inverse, un logement peut avoir une note DPE moyenne, mais être structurellement correct, bien entretenu et sans désordre majeur.


Il ne faut donc pas opposer DPE et état du bâtiment. Les deux lectures sont complémentaires.


Le DPE donne une indication énergétique.


L’analyse technique permet d’observer l’état réel du bâti.


Cette distinction est importante, car certains travaux de rénovation énergétique peuvent même poser problème lorsqu’ils sont réalisés sans réflexion globale.


Par exemple :


  • isoler un mur humide sans traiter l’origine de l’humidité ;

  • remplacer des fenêtres sans améliorer la ventilation ;

  • poser un doublage intérieur sur un support dégradé ;

  • installer un système de chauffage performant dans un logement mal ventilé ;

  • améliorer l’isolation sans traiter les ponts thermiques ;

  • cacher des défauts anciens derrière des finitions récentes.


Dans ces situations, le logement peut paraître plus moderne et parfois mieux classé, mais conserver des fragilités importantes.


Infographie sur le risque de confondre rénovation énergétique et bon état du bâtiment, avec maison, DPE et avertissements.

Les points à vérifier malgré un DPE correct


Lorsqu’un logement présente un DPE correct ou récemment amélioré, il reste nécessaire de vérifier plusieurs éléments pendant la visite.


1. Les traces d’humidité


L’humidité est souvent minimisée lors des ventes. On parle parfois d’un ancien dégât des eaux, d’une pièce peu aérée ou d’un problème déjà réglé.


Il faut pourtant observer les signes avec attention :


  • peinture qui cloque ;

  • plinthes abîmées ;

  • auréoles au plafond ;

  • moisissures dans les angles ;

  • odeur persistante ;

  • salpêtre en bas de mur ;

  • sensation d’air humide.


Un DPE favorable ne permet pas d’exclure un problème d’humidité.


2. La ventilation


Une bonne isolation sans ventilation suffisante peut créer de nouveaux désordres. La ventilation est essentielle pour évacuer l’humidité intérieure et maintenir un air sain.


Il faut vérifier la présence d’une VMC, son état apparent, les entrées d’air, les bouches d’extraction et la cohérence globale du système.


3. L’état de la toiture


Une toiture ancienne peut représenter un budget important. Même si le logement obtient une meilleure classe énergétique, l’état de la couverture, de la charpente, des zingueries et des points singuliers reste essentiel.


Une infiltration en toiture peut provoquer des dégâts importants, parfois invisibles lors d’une visite rapide.


4. Les fissures


Toutes les fissures ne sont pas graves, mais certaines doivent être prises au sérieux.


Une fissure fine sur un enduit ancien n’a pas la même signification qu’une fissure traversante, en escalier ou située près d’une ouverture.


Le DPE ne permet pas d’analyser l’origine des fissures.


5. Les travaux récents


Un logement fraîchement rénové peut donner une très bonne impression. Mais il faut savoir regarder au-delà des finitions.


Les questions à poser sont simples :


  • Qui a réalisé les travaux ?

  • Y a-t-il des factures ?

  • Les travaux sont-ils assurés ?

  • Une extension a-t-elle été déclarée ?

  • L’électricité a-t-elle été entièrement reprise ou seulement partiellement ?

  • La ventilation a-t-elle été adaptée après le remplacement des menuiseries ?


Un logement rénové rapidement pour la vente peut parfois cacher des défauts non traités.


6. Les factures d’énergie


Lorsque c’est possible, il est utile de demander les anciennes factures. Elles permettent de comparer le DPE avec l’usage réel du logement.


Un DPE donne une estimation conventionnelle. Les factures, elles, dépendent aussi des habitudes des occupants, mais elles peuvent révéler un écart important entre la performance affichée et la réalité vécue.

Audit énergétique : utile, mais différent d’une expertise bâtiment


Dans certains cas, la vente d’un logement énergivore impose la réalisation d’un audit énergétique. Cet audit complète le DPE et propose des scénarios de travaux pour améliorer la performance énergétique du logement. Il concerne notamment certaines maisons individuelles ou immeubles en monopropriété classés E, F ou G.


L’audit énergétique est donc un document important.


Mais il ne doit pas être confondu avec une expertise technique globale du bâtiment.


Son objectif principal est d’orienter les travaux d’amélioration énergétique. Il ne vise pas nécessairement à analyser en détail l’origine de fissures, l’état structurel d’un bâtiment, un défaut d’étanchéité, une malfaçon ancienne ou un problème d’humidité complexe.


Là encore, les approches sont complémentaires.


Un audit énergétique peut dire quels travaux permettraient d’améliorer le classement du logement. Une analyse technique du bâtiment permet de vérifier si le bien présente des désordres qui peuvent influencer la décision d’achat, le budget ou la négociation.

Acheter un logement mieux classé en 2026 : les bonnes questions à poser

Avant de faire une offre sur un bien dont le DPE s’est amélioré, il est utile de poser quelques questions simples


  • Le DPE a-t-il été réalisé après le 1er janvier 2026 ?

  • L’ancienne classe énergétique est-elle connue ?

  • Le bien a-t-il réellement fait l’objet de travaux ?

  • Le changement de note vient-il de travaux ou uniquement de la nouvelle méthode de calcul ?

  • Le logement est-il chauffé à l’électricité ?

  • Les factures d’énergie sont-elles cohérentes avec la note affichée ?

  • La ventilation a-t-elle été vérifiée ?

  • Y a-t-il des traces d’humidité ?

  • La toiture a-t-elle été entretenue récemment ?

  • Les travaux réalisés sont-ils documentés par des factures ?


Ces questions permettent de mieux interpréter le DPE et d’éviter de se fier uniquement à l’étiquette énergétique.


Infographie sur l’achat d’un logement mieux classé en 2026, avec maison, échelle DPE, checklist et questions essentielles.

Le DPE reste important, mais il ne doit pas remplacer la visite technique


Le DPE est devenu un élément central dans l’achat immobilier. Il influence le prix, la perception du bien, les possibilités de location et les travaux à prévoir.

Mais un achat immobilier ne peut pas se résumer à une lettre entre A et G.


Une maison classée D peut nécessiter des travaux lourds. Un appartement classé E peut être sain et correctement entretenu. Un logement mieux classé en 2026 peut rester inconfortable si l’isolation, la ventilation ou l’humidité n’ont pas été traitées.


Le plus important est donc de croiser les informations :

  • le DPE ;

  • les diagnostics obligatoires ;

  • les factures ;

  • l’historique des travaux ;

  • l’état visible du bâtiment ;

  • les éventuels signes de désordres ;

  • l’avis d’un professionnel indépendant si un doute existe.


C’est cette lecture globale qui permet de sécuriser un achat.


DPE 2026 et achat immobilier

Qu’est-ce qui change pour le DPE en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité utilisé dans le calcul du DPE passe de 2,3 à 1,9. Cette évolution peut améliorer la classe énergétique de certains logements chauffés à l’électricité.

Un logement peut-il gagner une classe DPE sans travaux ?

Oui. Certains logements peuvent obtenir une meilleure note uniquement grâce à la nouvelle méthode de calcul, sans rénovation réelle du bâtiment.

Une meilleure note DPE signifie-t-elle que le logement est en meilleur état ?

Non. Une meilleure note DPE indique une meilleure performance énergétique selon la méthode de calcul, mais elle ne garantit pas l’absence de fissures, d’humidité, de défauts de toiture ou de malfaçons

Le DPE permet-il de détecter l’humidité ?

Pas directement. Le DPE peut tenir compte de certains éléments liés à la performance énergétique, mais il ne permet pas d’identifier précisément l’origine d’un problème d’humidité.

Faut-il se méfier d’un logement dont le DPE s’est amélioré en 2026 ?

Il ne faut pas forcément s’en méfier, mais il faut comprendre pourquoi la note s’est améliorée. Si aucun travaux n’a été réalisé, l’acheteur doit rester attentif à l’état réel du logement.

Quelle est la différence entre un DPE et une expertise bâtiment ?

Le DPE évalue la performance énergétique et climatique d’un logement. Une expertise bâtiment analyse l’état technique du bien : fissures, humidité, structure, toiture, travaux, malfaçons ou désordres visibles.

Un bon DPE suffit-il pour acheter en confiance ?

Non. Un bon DPE est un point positif, mais il ne suffit pas à garantir la qualité globale d’un bien. Il faut aussi vérifier l’état du bâtiment, les travaux réalisés, la ventilation, la toiture et les éventuels signes de désordres.

Pourquoi faire intervenir un expert avant achat ?

Faire intervenir un expert avant achat permet d’obtenir un avis indépendant sur l’état technique du bien. Cela aide l’acheteur à mieux comprendre les risques, à anticiper les travaux et, si nécessaire, à négocier le prix sur des bases concrètes.



 
 
 

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